LES NOMINÉS DU NÉOMBRE – Chapitre 1

Avant-propos : L’Univers et les Règles du Jeu (Présentation du jeu)

Bienvenue dans cette nouvelle chronique du Grimoire des Tables de Légende. Nous posons aujourd’hui nos pions sur Les Nominés du Néombre, un jeu de cartes d’aventure et de stratégie hautement coopératif (pour 1 à 4 joueurs). Dans ce monde mystérieux, vous traversez une campagne scénarisée éprouvante découpée en parties d’environ 30 minutes.

Chaque joueur commence la route avec un modeste paquet de 15 cartes qu’il doit enrichir au fil des victoires. Attention toutefois : vos cartes accumulées constituent directement votre réserve de points de vie ! Si votre deck vient à s’épuiser totalement, l’aventure prend fin prématurément. Entre graphismes saisissants réalisés à la main et règles évolutives, l’immersion est totale.

Envie d’arpenter vous-même les Terres Vermaliennes ?

Si l’ambiance sombre et tactile de cette épopée résonne avec vos envies de jeu, vous pouvez soutenir les auteurs et acquérir votre boîte directement sur leur site officiel : lesnominesduneombre.fr.

Avertissement aux Aventuriers (Divulgâchage)

Le récit qui suit retrace pas à pas mes événements, mes rencontres, mes cartes découvertes et mes rebondissements de la campagne officielle du jeu. Si vous comptez découvrir le jeu par vous-même en tant que joueur, prenez garde : la suite de ce texte contient de nombreuses révélations sur l’intrigue et les objets secrets ! Si vous préférez vivre la surprise cartes en main, nous vous conseillons de jouer les premières sessions avant de lire ce chapitre.

CHAPITRE 1 : DES COCHONS AU CLOÎTRE, LA VOIE DU NOVICE

De la Porcherie au Sac à Dos

Je me nomme Saralion et je consigne ici le récit de mon périple sur ces terres hostiles. Si vous cherchez un héros drapé de soie avec une généalogie royale, repassez plus tard ! 

Ma première partie d’existence s’écoule paisiblement chez deux vieux fermiers. Mes journées se résument alors aux cris stridents des cochons et au curage méticuleux du fumier de la grange. Autant vous dire que l’ambiance n’a, pour l’instant, rien de très mystique.

Depuis trois ans, pourtant, l’appel de l’aventure me démange. Je m’entraîne au combat au bâton et à l’épée avec le fils du voisin (qui prend un plaisir malicieux à me flanquer des béquilles et des coups dans les reins dès que je baisse ma garde). En parallèle, j’échange quelques heures de désherbage dans le potager du cloître local contre des cours de lecture et d’écriture. C’est au détour de ces parchemins poussiéreux que j’entends parler pour la première fois des Nominés : un ordre mystique et mystérieux regroupé au Refuge, un lieu stratégique situé au cœur des Terres Vermaliennes.

L’Érudit et le Bouc à Six Yeux

La semaine dernière, l’arrivée d’Enio, un érudit itinérant au verbe haut, fait basculer mon destin. Il brandit une carte d’une précision diabolique indiquant l’emplacement exact du lieu rassemblant les initiés. Son discours enflammé résonne comme une invitation qu’on ne peut refuser. Sac sur le dos, je quitte mes porcs.

Au pied d’un grand arbre bordant le chemin, je fais la rencontre d’Odératus. Il est un peu plus court sur pattes que moi, mais flanqué de mains monumentales et d’une charpente d’ours. Un long bâton sculpté dépasse de son sac râpé. 

Je partage volontiers les victuailles offertes par les moines, même si la vue de son gabarit impressionnant me fait soudain réaliser que nos réserves de nourriture ne vont pas faire long feu. À deux, la route semble plus douce et l’on se dit qu’aucun brigand n’osera nous chercher des poux.

C’est compter sans la faune locale, passablement dérangée depuis la sinistre faille du Néombre. Au détour d’un bosquet, une créature monstrueuse surgit. Un bouc. Enfin… un mastodonte d’au moins un mètre vingt au garrot, affublé de cornes gigantesques et, cerise sur le gâteau, de trois paires d’yeux rouges fixées sur nous. Bon… après, je ne suis pas un spécialiste de la faune du coin, mais dans mon souvenir, les boucs n’ont généralement pas besoin de six yeux pour jauger ses adversaires. 

Quand l’Amateurisme Martial Rencontre la Médecine de Fortune

L’irruption de la bête nous glace le sang, mais nous dégainons nos bâtons. Ce combat, qu’on aurait pu imaginer être une simple formalité d’échauffement pour jeunes aventuriers, tourne rapidement à la démonstration magistrale de notre amateurisme le plus total.

Les coups de cornes du bouc féral pleuvent à la vitesse du vent ! Nous esquivons les coups avec la grâce de deux sacs de blé qu’on dégringole d’un chariot, évitant à peine la moitié de ses morsures furieuses. L’affrontement vire à la comédie tragique : nous devons nous relayer en urgence ! Pendant que l’un agite bras et bâton pour distraire le caprin enragé, l’autre s’efforce d’appliquer un onguent douteux et de nouer des lambeaux de tissu sur ses entailles sanglantes. Nos magnifiques habits de voyage sont désormais maculés de vermillon et marron, type boue nauséabonde.

Au milieu du chaos, nous improvisons une académie d’escrime sur le tas. J’observe Odératus : en empoignant fermement la base de son bâton, ses impacts deviennent nettement plus percutants. De mon côté, je lui montre l’art de feinter par une attaque voilée qui change de direction au tout dernier instant. Combinant notre maladresse et ces éclats de génie tactique, nous finissons par terrasser la bête.

En fouillant son repaire tout proche, nous restons médusés. Par quelle étrange diablerie ce bouc a-t-il pu entasser des parchemins anciens ? Et pourquoi les gardait-il jalousement ? Nous découvrons un parchemin de Sermon Sentencieux sur la nécessité de la violence, ainsi qu’un Stigmate Apostasique enseignant à préserver la foi. Dans une boîte en bois, nous dénichons aussi quelques champignons aux effets hallucinogènes promis à nous offrir une forme de prémonition. Tout un programme ! Un bouc érudit, adepte des prophéties fongiques et des sorts de foi divine… Je ne sais pas si le Néombre a corrompu la faune, mais il nous a dégoté le tout premier druide-apothicaire à quatre pattes. 

Bienvenue au Refuge : Soupe Chaude et Missions Suicides

Après cette éprouvante bagarre caprine, nous atteignons enfin le Refuge : une bâtisse en pierre imposante et austère, flanquée d’un grand potager. Une vingtaine de personnes y résident : moines-guerriers en prière et personnel d’intendance aux fourneaux se côtoient dans une harmonie parfaite. C’est à la fois un monastère, une garnison militaire et une auberge de campagne.

Après un repas copieux et une vraie nuit de sommeil, nous sommes convoqués dès le lendemain matin par Senapus le Miraculeux. L’homme ne perd pas de temps :

« Le Bois Souillé est infesté par une meute de loups touchés par une mystérieuse contagion. De sombres marques apparaissent sur leurs corps… Ramenez-moi trois crocs noircis par l’infection, et je pourrai trouver un remède à leurs souffrances. »

Nous nous inclinons, la mort dans l’âme. Nos espoirs de flâner quelques jours parmi les précieux ouvrages de la bibliothèque s’envolent aussitôt face à l’urgence de la situation.

Prenant congé du vieux moine, nous nous engageons dans les couloirs voûtés en direction des archives, espérant tout de même y jeter un œil avant de reprendre la route. Mais nous n’avons pas fait cinquante pas que Donatien le Sincère, un autre dignitaire du monastère, nous emboîte le pas. Le visage grave, il nous rattrape au détour d’une arcade pour charger un peu plus nos épaules :

« Je n’ai personne d’autre sous la main. Au cœur du Bois Souillé se trouve un foyer où le mal est concentré. Détruisez cette source maléfique, et nous gagnerons le temps nécessaire pour consolider nos défenses. »

Le Premier Pas Hors des Murs

Pour une première journée d’incorporation, le Refuge montre qu’il sait rentabiliser ses recrues ! Nous voilà intégrés, équipés de sacs remplis de victuailles, de fioles, de bougies et de cordes.

Les lourdes portes de bois se referment derrière nous. L’illusion de sécurité s’évanouit d’un coup. Les paroles des moines résonnent dans nos têtes, et nos premiers pas se font lourds, accompagnés par cette irrésistible envie humaine de faire demi-tour. Une heure passe, puis deux. Le sentier entretenu se rétrécit, les buissons deviennent de véritables ronces, et l’ombre dense du Bois Souillé se referme doucement sur nous…

Armés de nos bonnes intentions et d’un programme nettement plus chargé que prévu, nous mettons le cap sur l’ombre des grands arbres. Après tout, qu’est-ce qui pourrait mal tourner dans une forêt infestée de malédictions… à part absolument tout ? 

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