MALHYA – Episode 1 à 4

LES CHRONIQUES DU FEU DE CAMP

Parce qu’une règle de jeu s’apprécie mieux avec une chope à la main et les pieds près des braises, cette rubrique est le récit de mes aventures, racontées par celui qui a la poussière des plateaux sur ses bottes et le poids du destin au creux des mains. »

Chroniques d’un Sulk : Pourquoi je vous parle de mes entrailles (et de mes jeux)

Écoutez bien, car je ne le répéterai pas. On me dit qu’il faut expliquer pourquoi on ouvre cette rubrique. « L’expérience vécue de l’intérieur », qu’ils disent. Pour moi, c’est surtout l’occasion de grogner sur du carton et du plastique, mais avec style.

Les Chroniques du Sulk : Épisode 1 – Livret L’Éveil (ou comment se froisser une vertèbre d’entrée de jeu)

Installez-vous, mais ne touchez à rien. On m’a confié ce livret d’apprentissage, « L’Éveil », comme si j’avais besoin qu’on m’apprenne à mettre un pied devant l’autre. Apparemment, dans le monde de Malhya, on ne vous lâche pas dans la nature sans vérifier si vous savez distinguer une épée d’un cure-dent.

Le pitch (pour ceux qui dorment au fond… si si, j’en vois)

L’histoire commence dans un de ces endroits que j’affectionne : les entrailles de la terre. Nous sommes des « Éveillés », coincés dans un complexe souterrain oublié des dieux. L’air y est plus lourd qu’un sac de minerai de fer et l’ambiance rappelle un lendemain de fête chez les Orques. On sent que le monde d’en haut a des ennuis, mais pour l’instant, notre monde à nous, il s’arrête au bout de notre nez.

L’épreuve de la Grosse Pierre (ou « Le test du dos »)

À peine les yeux ouverts, voilà qu’on tombe sur le premier obstacle. Pas un dragon, pas un piège de feu… Non. Une pierre. Une énorme caillasse qui bloque l’entrée, posée là par un architecte qui n’avait clairement aucune notion de l’accueil.

Dans n’importe quel autre jeu, on jetterait un dé et on attendrait que le destin décide. Mais ici, c’est une compétence de groupe.

« Écoutez-moi bien, les gamins. Vous voyez ce rocher ? Il ne bougera pas par la force du Saint-Esprit. On va s’y mettre ensemble. Toi, l’agile, tu trouves un point d’appui. Toi, le grand, tu pousses là où ça fait mal. Et moi… moi je vais grogner pour donner le rythme. »

Le mécanisme : C’est là que Malhya montre les dents. On ne fait pas cavalier seul. Pour débloquer cette entrée, il faut mettre nos forces en commun. On additionne nos talents, on gère nos efforts. Si on foire, on commence l’aventure avec une fatigue qui nous collera aux bottes tout le reste de la journée.

C’est une question de coordination : soit on pousse comme un seul homme, soit on reste ici à compter les lichens sur les murs. J’ai déjà les mains qui me démangent.


« Bon, on la pousse cette caillasse ou on attend qu’elle devienne du sable ? Une fois qu’on sera de l’autre côté, faudra pas venir pleurer si l’air devient plus irrespirable. Alors, on y va ? »

La suite du parcours : Chacun sa croix (et ses compétences)

Une fois la pierre bougée — non sans quelques craquements de vertèbres — on a vite compris que le groupe ne ferait pas tout. Malhya, c’est pas juste pousser en choeur ; c’est aussi savoir quand se taire et quand frapper.

Le Crochetage : Les doigts dans l’engrenage

On est tombés sur une serrure rouillée qui aurait fait jurer un saint. J’ai laissé le spécialiste s’en charger. Le crochetage, ici, c’est pas une mince affaire. On manipule des mécanismes, on retient son souffle. Si tu te loupes, c’est pas juste le coffre qui reste fermé, c’est ton orgueil qui en prend un coup. Moi ? J’aurais utilisé une hache, mais paraît que c’est « trop bruyant ».

L’Infiltration et le Combat : La danse des ombres

Puis vint le moment de vérité : l’infiltration. Ramper dans l’ombre, éviter le regard des gardes… Pour un gaillard de ma carrure, c’est comme demander à un ours de faire de la dentelle. Mais on n’a pas le choix. Si on se fait repérer, on finit dans le combat. Et là, c’est une autre paire de manches. On gère son placement, on dépense son endurance judicieusement. Ce n’est pas du bourrinage aveugle, c’est une partie d’échecs où les pièces te rendent les coups.


Le Voyage : Le grand air (et ses emmerdes)

Enfin, on a fini par sortir de ce trou à rats. On pensait pouvoir souffler, mais c’est là que le voyage commence vraiment. Malhya, c’est pas une ligne droite, c’est une expédition.

  • Récoltes et Évènements : En chemin, on s’arrête pour ramasser trois herbes et deux cailloux brillants (le craft, ils appellent ça). Et puis, il y a les évènements de route. Parfois tu tombes sur un marchand ambulant, parfois sur un nid de guêpes géantes. Le destin a un humour très particulier.
  • Le repos du guerrier : Après tout ça, trouver une bonne chambre et un bon repas ( L’Œuf de Griffon « Mimosa » : Un classique pour ceux qui ont besoin de protéines avant de retourner au combat, avec un jaune travaillé à la main et une dose de mayo qui boucherait les artères d’un Troll – pour Fabericus et Dust) dans une auberge, ce n’est pas du luxe, c’est vital. On récupère, on soigne les plaies, et surtout… on fait du commerce.
  • Vente et Achat : J’ai pu vider mon sac de toutes les babioles ramassées pour m’offrir un objet digne de ce nom. Rien ne vaut le poids d’une nouvelle pièce d’équipement bien forgée avant de repartir dans la boue.

« Voilà, on a fait le tour du propriétaire pour cet éveil. On a poussé, on a crocheté, on a saigné et on a mangé. C’est ça, la vie d’aventurier : beaucoup de sueur pour quelques pièces d’or et une pinte de bière à la fin de la journée.

Les Chroniques du Sulk : Épisode 2 – Livret Pour la Gloire – (le poids du destin et du sac à dos)

1. Le campement : Inventaire avant la tempête

On ne part pas à l’assaut d’une cité comme Dédale les mains dans les poches. Cette ville, c’est pas un hameau de trois bicoques, c’est un monstre de pierre qui pourrait engloutir un royaume entier sans roter.

Nous avons installé notre campement de fortune à la sortie de l’auberge pour un dernier inventaire. À ma gauche, Wallen — notre magicienne bleue — vérifie ses parchemins avec cet air supérieur qu’ont les gens qui savent lire des trucs qui brillent. Bien qu’élégante dans sa robe dorée, elle sait que la magie ne remplit pas l’estomac.

Liste de matos acheté sur place :

  • Des potions de vie : Un liquide rouge louche qui a le goût de fer rouillé mais qui te recolle les boyaux quand un garde te les a éparpillés sur le pavé.
  • Un torse en plaques : Une belle pièce d’acier. C’est lourd, ça grince, mais ça rassure plus qu’une prière quand les flèches commencent à pleuvoir.
  • Un pendentif d’Aura : Wallen dit que ça canalise les flux éthérés. Moi, je vois surtout un caillou magique qui palpite comme un cœur de gnome.

2. La règle d’or : On n’est pas des mulets

« Le problème avec l’équipement, c’est qu’il faut le porter. Et dans ce monde, on ne triche pas avec la gravité. Entre les charges légères qu’on garde à portée de main et les charges lourdes qui nous scient les épaules, il a fallu trancher.

On a dû laisser du rab à l’entrée. Si tu veux courir après un voleur dans les ruelles de Dédale, tu ne peux pas trimballer l’équivalent d’une armoire normande sur le dos. On part « opti », comme disent les scribes, ou on crève d’épuisement avant d’avoir vu la taverne. »

3. L’absent du tableau (Le syndrome du « Gris »)

« Vous cherchez le troisième membre de la bande ? Ne fatiguez pas vos yeux. Il est là, quelque part dans l’ombre, mais disons qu’il n’est pas encore « présentable ». Il a la dégaine d’une statue de jardin non dégrossie, tout en gris plastique.

Je lui ai dit : « Tant que tu n’as pas mis tes habits de fête (et que je n’ai pas fini de te passer les brosses sur la couenne), tu restes en arrière-plan ». Un Sulk a sa fierté : on ne part pas à l’aventure avec un type qui ressemble à un prototype brut de démoulage ! »

4. La main du Destin : Le grand saut vers Dédale

« Et c’est là que le ciel s’est assombri. Une main géante — un truc colossal, venu d’une autre dimension — est descendue pour me cueillir par les spallières. J’ai senti mes pieds quitter le sol, le monde tanguer, et mon honneur en prendre un coup.

Un vol plané plus tard, la Main me repose brutalement sur une immense carte parcheminée. Sous mes bottes, je sens le grain du papier géant. Je lève les yeux : les remparts de Dédale se dressent devant nous. C’est immense, c’est bruyant, et ça sent déjà les ennuis à plein nez.

Le Géant nous a placés sur un plateau de jeu. Maintenant, c’est à nous de voir si on finit en héros ou en engrais pour les fossés de la ville. »

5. L’accueil de Dédale : Du muscle, de la corde et une grosse bête

« À peine les bottes posées sur le pavé, on tombe sur un attroupement qui gueule plus fort qu’une assemblée de nains assoiffés. Au milieu de la place, une épreuve de force : le bon vieux jeu de corde. Deux équipes, une ligne au milieu, et celui qui mord la poussière a perdu.

On regarde les autres s’épuiser un moment, jusqu’à ce que le « Champion » local fasse son entrée. On s’attendait à un colosse, un type avec des bras comme mes cuisses… mais non. C’est un animal de bât énorme, une espèce de bestiau de foire avec une corne unique plantée en plein milieu du front. Une montagne de muscles à quatre pattes qui regarde la foule avec un air d’insulte.

On s’est regardés avec Wallen. Elle a soupiré, j’ai craché dans mes mains. « Allez, on va montrer à cette licorne de combat ce que vaut un Sulk en colère ! »

On attrape la corde. Le bestiau tire, et je sens mes vertèbres (celles qui nous restaient après la pierre de l’Éveil) crier grâce. C’est de la force pure, brute, honnête. Enfin, presque…

Wallen a commencé à marmonner dans sa barbe (enfin, sa robe). J’ai senti une drôle de chaleur m’envahir, mes muscles ont doublé de volume et la corde semblait soudain peser le poids d’un fétu de paille. Magie ? Chut ! Ne le répétez pas aux organisateurs, ou on finit au cachot avant d’avoir vu la couleur d’une taverne.

Un dernier coup de rein, et la bête a fini par céder. Le silence dans la foule, puis les applaudissements (et quelques insultes des parieurs). On repart avec quelques pièces d’or qui tintent joyeusement dans notre bourse.

C’est ça, Dédale : une ville où il faut savoir jouer des coudes, de la force, et parfois tricher un peu avec le destin pour se payer une chambre correcte. »

La clause du Scribe (ou comment ne pas trop déballer le matos)

« Avant de vous laisser retourner à vos chopines, un petit avertissement de vieux briscard. Je vous raconte mes aventures, mes galères et mes victoires de comptoir, mais n’oubliez pas : mes tripes sont en partie celles du jeu.

En vous décrivant comment j’ai failli m’étouffer avec une poussière de donjon ou comment Wallen a triché avec la réalité, je risque de divulgacher quelques recoins sombres de l’intrigue. Je vais essayer de rester dans le flou artistique, comme un brouillard de guerre un matin de novembre, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Mais bon, vous êtes prévenus : si vous voulez garder la surprise totale, comme un coffre scellé depuis trois millénaires, bouchez-vous un peu les oreilles. Pour les autres, ceux qui n’ont pas peur de voir un bout de la carte avant de la fouler, restez dans le coin. Je vais continuer à effleurer le voile de l’histoire, mais sans jamais déchirer le rideau de la grande scène.

C’est ça, le jeu : je vous montre la serrure et l’éclat de l’or au travers, mais c’est à vous de tourner la clé. Allez, santé ! »

Épisode 3 : De la Scie au Scénario (ou l’Art de ne pas être Doué)

1. Le Drame de l’Établi : « On n’est pas des Castors »

« À peine remis de notre petite « victoire » à la corde contre le bestiau cornu, on tombe sur une échoppe calcinée. Le propriétaire, avec un regard plus triste qu’un gobelin privé de dessert, nous implore de l’aider à réparer ses meubles contre quelques piécettes.

Wallen a levé un sourcil, moi j’ai regardé mes mains (déjà bien amochées par la corde ) et on s’est dit : « Pourquoi pas ? Ça ne peut pas être pire qu’un combat contre des gobelins. »

Erreur fatale.

On a passé la journée à scier, clouer et raboter. Mais entre mes mains faites pour tenir un marteau de guerre et l’absence totale de sens pratique de la magicienne, le résultat a été catastrophique. Les dés ont roulé comme s’ils avaient été savonnés par un esprit malin. Au lieu d’un meuble, on a fabriqué un truc qui ressemblait à un hérisson de bois instable.

  • Résultat des courses : Tout est à refaire, l’artisan fait la tête, et on repart avec des ampoules qui brûlent plus que les feux de l’échoppe. On n’est définitivement pas des manuels. »

2. Le Masque et la Plume : « Le Ridicule ne Tue pas (mais il Paye) »

« Vers la fin de la journée, alors qu’on essayait de noyer notre échec dans une pinte, on croise une troupe de bardes. Ils devaient être désespérés ou très saouls, car ils nous ont conseillé de monter sur les planches pour tester notre jeu théâtral.

Moi, un Sulk, faire le saltimbanque ? J’ai d’abord grogné. Puis, après une énième chope, je me suis dit que quitte à être ridicule avec nos pansements aux mains, autant le faire avec style.

Contre toute attente — et malgré un risque de lynchage public — le public a adoré. Peut-être que ma tête de grognon naturel est à la mode cette saison à Dédale.

  • Le butin : Pas d’or cette fois, mais les applaudissements de la foule et un déguisement sombre glané dans les coulisses.

Est-ce que ça servira à infiltrer une guilde de voleurs ou juste à ne pas être reconnu la prochaine fois qu’on essaie de réparer une chaise ? L’avenir nous le dira. Pour l’instant, je vais surtout essayer de ne pas craquer une autre vertèbre en enlevant ce costume ! »

Épisode 4 : Le Sang et la Gloire (Surtout le Sang)

1. L’Arène de la Dernière Chance

« On ne sait toujours pas si c’est la frustration d’avoir raté notre mobilier ou l’ivresse des applaudissements du public qui nous a poussés à nous inscrire, mais nous voilà dans l’arène. Par pure curiosité ? Par désespoir de sortir de l’anonymat ? Un peu des deux.

On apprend vite que ce n’est que le début d’un long chemin de croix : un tournoi de gladiateurs réparti sur quatre arènes dans quatre cités différentes. Et au bout du tunnel ? Un adversaire mystérieux maniant une arme légendaire, dont les échos nous sont parvenus lors de notre petite escapade théâtrale. Le genre de mystère qui sent la gloire ou le sapin. »

2. Victoire à l’Arraché (Littéralement)

« Le combat a été… intense. Si vous aimez le bruit de l’acier contre l’os et la vue de viscères qui s’étalent sur le sable chaud, vous auriez adoré. On a gagné, certes, mais on a frôlé la correctionnelle.

Je me suis retrouvé à ramasser un bout de moi-même pendant que la magie de Wallen recousait le tout dans l’urgence. Heureusement que le flux magique est plus efficace qu’un marteau et des clous, sinon je finirais cet article dans une urne funéraire. On est qualifiés pour la suite, mais je vais avoir besoin d’une double ration de ragoût et de beaucoup de repos avant la prochaine arène. »


La Clause du Scribe (Épilogue) :

« Voilà où nous en sommes. On a un déguisement sombre qui traîne dans le sac, des mains pleines d’ampoules, des cicatrices toutes neuves et une cible dans le dos pour le prochain tournoi.

C’est ça, la vie de baroudeur : on commence la journée en essayant de réparer un tabouret et on la finit en pataugeant dans le sang des gladiateurs pour une arme de légende. La suite au prochain numéro, si mes boyaux décident de rester à leur place ! »

Alors, prêt pour la deuxième arène ou on s’achète une pommade cicatrisante d’abord ?

Alors, cette première étape dans les terres de Malhya, ça vous a ouvert l’appétit ou vous avez déjà besoin d’un bandage ? »

Avant que je ne retourne affûter ma hache, j’ai besoin de vos retours de taverne :

  1. Le texte, pas trop long ? Est-ce que mes palabres vous assomment plus vite qu’un coup de masse sur le casque, ou est-ce que vous en reprendriez bien une louche ?
  2. Des photos du jeu ? Est-ce que vous voulez voir la trogne du matériel, les figurines (peintes bien sûr, je suis un Sulk, un artiste !) et la gueule de cette fameuse pierre qu’on a dû pousser ? Ou préférez-vous que je laisse votre imagination faire le boulot ?
  3. « Et pour les maniaques de la mécanique : vous voulez que je décortique davantage les techniques de jeu et les probabilités de survie, ou on reste sur le récit de mes mésaventures sans trop s’encombrer des chiffres ? »

Allez, videz votre sac dans les commentaires. Je ne mords pas… enfin, pas si vous avez une bonne chope à m’offrir. »

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